Cette réalité appelle à une double mobilisation, à la fois sur le plan de la formation des jeunes à travers la mise en place d’une éducation aux médias systématique et permanente, mais aussi à un niveau complémentaire plus global, à travers la définition d’une politique de régulation des médias. En principe, au sein de la fonction publique camerounaise, les fonctionnaires et agents de l’Etat des catégories D et C vont en retraite à 50 ans. 14En plus de ce premier ratage, les néosondeurs camerounais ont, en toute inconscience, été à l’origine d’un second : ils ont en effet permis aux acteurs institués des champs politiques camerounais de rester en partie « maîtres du jeu » puisqu’ils ont labellisé « opinion » les simples réponses obtenues aux questions d’opinion qu’ils faisaient poser à des enquêtés à la représentativité discutable, et qualifié d’« opinion publique » camerounaise la distribution majoritaire de ces réponses aux significations ambiguës et incertaines, laissant ainsi à ces acteurs une large marge d’interprétation et donc de jeu. II. Copyright © Août 2016 - 2021 Camerecole - Tous droits réservés. Les pictogrammes -10, -12, -16 et -18 vous permettent de les repérer, les émissions sans pictogramme étant adaptées à tous les publics. Les quatre leçons qui suivent le montrent, semble-t-il, assez clairement. Dit autrement, l’« opinion publique » camerounaise n’était que le produit incertain des luttes symboliques – mais ayant des effets de réalité – que se livraient, sur différentes arènes, différentes catégories de porte-voix qui avaient autorité pour ou qui s’autorisaient à dire ce qu’elles pensaient, souhaitaient, exigeaient, ressentaient…. En juin 2021 au Mont Febe, nous présenterons à l'opinion publique nationale et internationale les personnalités Politiques et publiques ayant marqué année 2020 au Cameroun. 2Le moment semble être venu de formuler un second paradoxe : affirmer que si les « sondages » et « enquêtes » qui font florès au Cameroun depuis quelques années ne saisissent ni ne mesurent l’« opinion publique » camerounaise et ont un effet marginal quasi nul sur les catégories ordinaires de l’entendement politique dans ce pays, ils ne sont pas pour autant sans intérêt car ils en apprennent beaucoup sur le débat public depuis le début de la « transition » (O’Donnell, Schmitter et Whitehead, 1986 ; Dobry, 2000) [3] des années quatre-vingt-dix. [email protected] Résumé : Au Cameroun, pays de plus de 250 groupes humains, le vivre ensemble et le développement harmonieux sont condi­tionnés par la qualité de la gouvernance dont le … - … Les formules consacrées « il y aura match… » et « il y a eu match… », largement sollicitées par ces commentateurs dans leurs écrits participent du même processus qui peut être analysé en termes de petite contribution, par le biais de l’euphémisation, à la pacification des compétitions politiques dans le champ politique camerounais. Votre soutien nous aide à travailler d'avantage pour proposer des contenus de qualité à nos élèves et étudiants. Leur logique d’action est la suivante : les individus ne seraient pas représentés politiquement en tant que tels, sur une base égalitaire et partisane, mais en tant que membres de l’une ou l’autre de ces entités, voire de plusieurs simultanément. On se souvient que suite au drame survenu le lundi 25 novembre 2019 du fait de la collision, dans le Liptako, entre deux hélicoptères de la force française Barkhane, le parti politique français ‘’France insoumise’’, par la voix du député Eric Coquerel, avait souhaité que ce drame qui a touché l’Armée française soit l’occasion d’un débat sur ce que fait la France au Mali. Les domaines de prédilection de ces « sondages » – précisés dans une brochure du ministère de la France d’outre-mer, On utilisera le concept de « transition » avec des guillemets tout au long de ce travail par référence à la distinction établie – certes pour un autre contexte mais très largement applicable à la donne camerounaise – au sein de ce processus entre « libéralisation » et « démocratisation » par O’Donnell, On peut citer comme illustrations idéales-typiques les « sondages d’opinion » du journal. N’est-elle pas plutôt justiciable d’une analyse en termes de « démocratie non libérale » ou de « démocratie virtuelle » (Quantin, 2000) ? Les contenus associés à la notion vont alors, sans pour autant exclure le précédent, progressivement renvoyer à l’opinion du « prince » et à celle produite par les institutions publiques (Engueleguele, 2000). L’opinion publique avait concédé la nomination de Clarence Seedorf comme entraîneur national du Cameroun l’année dernière, au bénéfice de sa peau basanée. À la différence des micros trottoir classiques, ils permettent à ces journaux d’allier la rapidité aux signes extérieurs de la science (Bourdieu, 1987 ; Meyer, 1991) : la présentation chiffrée a les apparences de l’objectivité et de la neutralité, qualités qui sont aujourd’hui de plus en plus appelées dans la presse écrire camerounaise. Chapitre 3 : Les médias et leur impact sur l’opinion publique Leçon 6 : La protection de l’opinion publique au Cameroun Notions : Information, Opinion publique Prérequis : Exemple de situation : Cybercriminalité Exemple de d’action : Dénoncer les responsables Durée : 3H. À travers la commande, la réalisation et le commentaire d’un « sondage » pour savoir qui sera président à l’issue de la convention du sdf, les supports de la presse écrite et leurs journalistes contribuent à imposer l’idée qu’il y aura une compétition pour l’accès à cette position de pouvoir au sein de ce parti ; laquelle se terminera par la claire identification d’un vainqueur et d’un vaincu. Ces caractéristiques communes, doublées de la nouveauté de sa diffusion, autorisent, dans un premier temps au moins, à tenter de penser ces « sondages » politiques et « enquêtes d’opinion » de manière globale. Cependant, au sein de l’opinion publique camerounaise, cette opération suscite des avis divergents. Manipulation de l’opinion : le Cameroun attaqué en France Publié : 18 Jan 2021 à Mis à jour : 18 Jan 2021 par Médias ajouter un commentaire L’ambassadeur du Cameroun en France André-Magnus Ekoumou dénonce une campagne d’affichage visant à … Le Cameroun veut infléchir la courbe des accidents de la route. 33Sur la base de ces différents enseignements, on est fondé à dire que se limiter à dénoncer le caractère artificiel de l’« opinion » sondagière au Cameroun conduit à passer à côté de beaucoup de choses, dans la mesure où ce que fait l’instrument va précisément très au-delà de sa saisine et de sa mesure. Le « sondage » réalisé par, Sipa, Jean-Baptiste, « Des revendications violentes des années quatre-vingt-dix à la démocratie apaisée, quel parcours ? Conclusion Les médias sont omniprésents dans nos vies au quotidien. On comprend ainsi qu’un ancien ministre ait pu, après avoir questionné en retour son interviewer sur « la valeur réelle des sondages au Cameroun », observer qu’« il s’agit d’une fantaisie nécessaire du jeu démocratique (dont) les Camerounais doivent se féliciter de l’existence dans leur pays sans pour autant lui accorder trop d’attention [9] ». C’est ainsi une revanche symbolique qu’ils peuvent prendre par rapport aux acteurs politiques (de tous bords), qu’ils parviennent surtout à satisfaire en convoquant l’argument de la défense de la « vraie démocratie » dans leurs écrits critiques. La protection de l’opinion publique au niveau national Elle est assurée par le conseil national de la communication (CNC), l’agence nationale des technologies de l’information et de la communication (ANTIC) et les juridictions. En plus de jouer ainsi un rôle actif dans la gradation de l’importance des enjeux saillants de l’actualité camerounaise, ces journalistes contribuent d’autre part, et probablement plus encore, à sa perception (Meyer, 1991). 25Un tel décentrement du regard public vers cette dimension de l’activité politique au Cameroun n’est probablement pas sans conséquences sur la représentation que certaines catégories sociales – principalement dominées – tendent aujourd’hui à se faire du débat public dans ce pays depuis le début de la « transition », et notamment du divorce entre une large frange du « public » – en particulier les jeunes urbains – que ses enjeux (l’alternance, la lutte contre la pauvreté, la lutte contre la corruption, l’amélioration des conditions d’enseignement, la lutte contre le chômage, l’amélioration du système de santé…) mobilisaient et les entreprises politiques de l’opposition. Merci, Thank you, شكرا Cпасибо, Danke, Tak, Grazie, Gracias, 谢谢 धन्यवाद ! C’est la question du pluralisme de l’expression à l’intérieur des partis politiques camerounais qui trouve ici une voie d’alimentation positive. Il peut en effet sembler, à première vue, que ces « sondages » et « enquêtes », au travers de la fréquence de leur publication et de leur large utilisation par la presse – notamment privée – pour illustrer des commentaires à propos de thèmes en jeu dans le débat public, aient réussi à préempter la notion d’« opinion publique » camerounaise. Il tourne de 3, voire même 4,2 millions de nouveaux téléphones qui entrent dans l’espace. 5Ensuite, si les critiques faites à propos des « sondages » et « enquêtes d’opinion » qui prolifèrent (Engueleguele, 2000) bénéficient d’une si faible audience auprès des néosondeurs et de la presse camerounaise – qui en est la principale consommatrice –, c’est parce que les enjeux symboliques et économiques impliqués dans la véritable compétition commerciale et politique qui s’est instaurée entre les acteurs politiques qui y ont recours, les petites entreprises sondagières et les supports qui les commandent et dont les journalistes les commentent dans leurs éditoriaux et articles tendent à rendre sans intérêt, pour les uns et pour les autres, le discours scientifique, avec ses restrictions, ses précautions et son refus de sensationnalisme ; propriétés qui le situent aux antipodes de la logique simplificatrice qui est très largement à l’œuvre en ce domaine, tant dans ces supports que dans les compétitions politiques elles-mêmes. 1La réflexion sur l’« opinion publique » camerounaise laisse percevoir un paradoxe déjà souligné (Engueleguele, 2000) : l’existence d’un contraste entre, d’une part, l’occurrence de la notion dans le discours des acteurs du débat public ainsi que la prolifération de « sondages » et « enquêtes » au Cameroun [1] et, d’autre part, l’absence d’objectivation de l’instrument qui n’est pas parvenu, en dépit des efforts des néosondeurs dans ce sens, à s’imposer comme une réalité allant de soi pour les joueurs ainsi que sur les champs et dans les compétitions politiques de ce pays. 3Avant d’aller plus loin dans l’examen de ce nouveau paradoxe, il importe, dans un souci de vigilance épistémologique, de faire deux précisions afin de clarifier ce dont il est question, dépasser les fausses évidences du sens commun et recadrer la réflexion. Entreprises publiques: une réforme qui met fin à la longévité des PDG, DG et PCA Mise à jour le 21/07/2019 à 19h31 Publié le 21/07/2019 à 18h43 Par De notre correspondante au Cameroun … Elle sera par ailleurs la cible de stratégies diverses d’enrôlement déployées par différents entrepreneurs de causes et groupes d’intérêts dans le cadre d’objectifs spécifiques (Engueleguele, 2000). Gallup, G. 1937. I. L’éducation systématique aux médias au niveau familial A la fois fenêtre sur le monde et caisse de résonance des rumeurs les plus dangereuses (infos) les médias ont profondément transformé nos rapports à l’information. D’une part, la hiérarchisation des événements (Meyer, 1991), parfaitement admise sinon revendiquée par ces journalistes : bien qu’il en existe plusieurs dont ils doivent s’abstenir de toute évocation sous peine de sanctions (souvent coercitives) ou de discrédit (supplémentaire…) auprès de leurs lecteurs – potentiels ou avérés – et de leurs soutiens – explicites ou implicites –, il en est d’autres qu’ils peuvent ou s’efforcent d’ériger au rang de « scoops » dont ne peuvent faire abstraction les différents acteurs – en particulier institués, bien qu’ils prétendent le contraire – du débat public. On peut tout juste dire qu’il « réalise » (au sens premier du terme) l’« opinion publique » camerounaise, c’est-à-dire qu’il amène à l’existence comme réalité concrète ce qui n’existait que dans les esprits, et qu’il la déréalise, substituant à des constructions concurrentes à la solidité variable (opinion des élites, du « prince », des institutions publiques, des porte-parole et représentants…) une entité ou forme sociale artificielle (parce que provoquée, travaillée, simplifiée…) mais, au final, presque éloquente. Il sollicitera d’autres éclairages, ceux d’autres « spécialistes ». Il existe aussi plusieurs démarches simples et indispensables pour protéger votre enfant, comme le dispositif de verrouillage pour les programmes déconseillés aux moins de 18 ans (programmes pornographiques ou d’extrême violence). e niveau d’endettement du Cameroun suscite un véritable débat au sein de l’opinion publique, mais également auprès des experts, malgré les assurances des responsables et services en charge qui affirment avec acuité la viabilité de la créance publique sur les vingt prochaines années, mais aussi le risque de surendettement Famille de situation : L’accès à l’information Catégorie d’action : La recherche de la bonne information/le bon usage des TIC Module II : Les médias et l’opinion publique. Ce rôle commence dès la petite enfance en déterminant l’âge de l’accès à internet et aux écrans (télévision, console, tablette, téléphone, et plus encore smartphone) et en imposant des restrictions sur les horaires de connexion, le temps réservé au travail scolaire, l’heure du coucher, les contenus, l’utilisation de logiciels de filtrage, l’attention portée aux signalétiques. Sondage de l’opinion publique sur l’élection présidentielle de 2018 au Cameroun:Après 36 ans de pouvoir, le président Biya profondément impopulaire. 16Une reprise exhaustive des caractéristiques fondamentales de « l’opinion publique » sondagière au Cameroun permet de conclure que l’instrument met en œuvre une acception de cette notion qui ne correspond véritablement à aucune de celles qui ont pu prévaloir avant son irruption et, simultanément, qu’il ne permet pas d’en arrêter une autour de laquelle un consensus pourrait se dégager – fût-ce uniquement entre les acteurs du débat public. Depuis lors, il a initié une pétition pour le départ de l’ambassadeur de France au Cameroun, au motif de « graves ingérences et de manipulation éhontée de l’opinion publique ». Cela veut dire en d’autres termes que c’est à l’ANTIC que revient la mission de contrôler l’activité des internautes et de craquer les cybercriminels. 1. Les parents doivent jouer un rôle de médiation dans les rapports de leurs enfants avec les médias. Dernière publication diffusée sur Cairn.info ou sur un portail partenaire, Revue internationale des sciences sociales, La généalogie de la notion d’opinion publique camerounaise, De la rupture coloniale à la monopolisation des marchés politiques, La « transition » des années quatre-vingt-dix, Les enseignements des « sondages » de l’« opinion publique » camerounaise, Une tentative de renversement de la logique classique du régime représentatif, L’éclairage des coulisses de l’activité politique, L’inflexion du rapport entre journalistes et acteurs politiques, Le contournement des contraintes inhérentes aux champs de production et de diffusion de l’information. L’« opinion publique » camerounaise est en effet érigée en puissant opérateur narratif, mis au service de la différenciation et de la justification publique d’offres de biens symboliques alternatifs à ceux du pouvoir, mais elle est aussi posée comme actant collectif imposant (ou du moins devant le faire) aux acteurs (institués ou non) du débat public d’agir de manière impérative dans un sens déterminé. Mais là où de véritables experts ne seraient consultés que dans leurs domaines de compétences respectifs, il n’est rien qui s’oppose à ce que cette « opinion publique » puisse se prononcer sur des questions aussi diverses que la justice, le débat démocratique interne aux partis politiques, la bonne gouvernance, la situation de l’école, le sort de la jeunesse. Ils leurs permettent par ailleurs de fabriquer des « événements » ou des « scoops » pratiquement à volonté (« 60 % des Camerounais sont contre la création de l’observatoire national des élections et souhaitent une commission électorale indépendante », « Un sondage exclusif nous révèle que Paul Biya a encore la cote auprès des jeunes »), et présentent, de ce fait, une souplesse bien adaptée aux impératifs de l’actualité et de la concurrence. Ce sont en fait les questions de l’ordre et de la dynamique politique au Cameroun qui se posent à travers l’irruption de cette « opinion » sondagière, et ce vaste champ de recherche reste encore à défricher. Ces deux objectifs sont loin d’avoir été totalement atteints ; la « transition » camerounaise n’ayant pas débouché sur une rupture révolutionnaire de type jacobin mais sur un compromis décisif entre les acteurs dominant le nouveau cours du jeu politique, sur la base duquel leurs positions respectives ont été préservées, voire consolidées. Distribution électronique Cairn.info pour ERES © ERES. L’invocation de l’« opinion publique » camerounaise dans les affrontements autour des enjeux publics participe ici d’une stratégie visant à construire le regard d’un public sous la contrainte duquel le pouvoir (ou le « régime Biya ») doit délibérer et agir. « Les masses (doivent être éclairées) sur ce qui est important pour elles et sur les objectifs du parti (l’Union camerounaise, « L’Union nationale camerounaise et ses organes annexes se donnent pour tâche immédiate et permanente de pourvoir à l’éducation civique des masses, de susciter dans l’opinion nationale, dans le peuple, le sens de la discipline, des responsabilités et des sacrifices […] pour un progrès économique et social rapide » (discours de clôture du 2. Cameroun - Football: Au terme de la première journée du CHAN 2020, la poule ‘’D’’ est la plus prolifique avec cinq buts inscrits 19-Jan-2021 - 23h39 889 0 On Oct 2, 2018. -1953. », dans la version électronique du, Maurice Engueleguele est enseignant-chercheur en science politique au Centre universitaire de recherches administratives et politiques de Picardie (. 17Les « sondages » et « enquêtes » tentent de définir une posture entièrement nouvelle d’intervention de l’« opinion publique » camerounaise dans le débat public sous forme de commentaire permanent de ses enjeux saillants et dont l’auteur anonyme serait un collectif censé être constamment renouvelé et interrogé par voie de questionnaire. L’ambassadeur du Cameroun en France André-Magnus Ekoumou dénonce une campagne d’affichage visant à d... ACNews - Manipulation de l’opinion le Cameroun attaqué en France 3. Paul Eric Kingué va même plus loin, affirmant qu’il va faire découvrir à l’opinion publique … Sont également mis en lumière les apports des « sondages » de cette « opinion publique » à l’éclairage de différents pans du débat, de « l’activité » (plutôt que du « métier ») et du jeu politique au Cameroun depuis le début de la « transition » des années quatre-vingt-dix. Poll Cameroun - L'Opinion Publique Camerounaise. Dans ce contexte, parler d’enseignements déductibles des « sondages » et « enquêtes d’opinion » au Cameroun peut paraître tout à fait curieux. Alors que les deux partis avaient combattu avec rigueur les résultats de l’élection présidentielle d’octobre 2018, dont les leaders ont passé plusieurs mois derrière les barreaux, le divorce semble consommé. 1. » (« Sondage » réalisé par Isaha’a Boh le 26 octobre 1999 et reflétant 1 006 votes, sur le site Internet , le 26 octobre 1999) ; 19« Pensez-vous que le gouvernement doit libérer les personnes arrêtées (dans le cadre de la campagne de lutte contre la corruption) ? 29Les « sondages » et « enquêtes d’opinion » tendent à introduire une nouvelle position intermédiaire – située à l’interface des champs politique, journalistique et scientifique – dans le débat public camerounais, créée et occupée par les journalistes et autorisant ces derniers à participer au débat public en abandonnant les stigmates qui leur sont attribués par les acteurs politiques institués, qui les accusent – entre autres maux et bien qu’ils aient sollicité leur soutien aux heures chaudes de la « transition » – d’exercice illégal de la politique quand ils parlent politique dans des lieux consacrés (la radio, la télévision) sur des sujets consacrés (la crise, la bonne gouvernance, la sécurité) sans avoir les titres requis, c’est-à-dire sans être mandatés par une force établie sur les marchés politiques et, circonstance aggravante, en l’absence de représentants mandatés. L'opinion publique : une notion à géométrie variable », L'Afrique politique, Karthala- CEAN, p. 59-88. Par Serge Aimé Bikoi. septembre 19, 2018. Doctorant en Gouvernance et Évaluation des Politiques Publiques à l'Université de Yaoundé 2, Cameroun. Sali Daïrou, alors ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative, répondant au « journaliste et enquêteur » Essomba Paul du, Il importe de souligner que cette « mesure spectaculaire en faveur de la jeunesse » ne résulte pas des cogitations arbitraires d’un locuteur libre ne connaissant d’autres déterminismes que celui de sa propre détermination mais s’intègre dans le volet scolaire de l’ensemble des exigences de la Banque mondiale conditionnant l’admission du Cameroun à l’initiative d’allégement de la dette des pays pauvres très endettés. ... "Le plus grand électorat au Cameroun, peu importe l'élection, est localisé dans le fief septentrional: le Nord, l'Extrême-Nord et l'Adamaoua". L’achèvement de l’entreprise de monopolisation des marchés politiques camerounais par l’institution d’un parti unique (l’Union nationale camerounaise, créée en 1966), la réduction de toute « dissidence » (par l’élimination ou le retrait volontaire de ses principaux adversaires) et l’unification du pays (1972) constitueront les manifestations les plus saillantes d’un processus d’accumulation des trophées politiques par le président A. Ahidjo. Introduction Les médias sont des lieux importants de création, d’éducation, de partage, de lien social mais ils peuvent aussi être causes d’isolement, d’addiction, de désinformation et de harcèlement. L’ANTIC L’agence nationale des technologies de l’information et de la communication a été mise en place en 2002 par un décret du président de la république. Cameroun / Présidentielle 2018: Paul Biya manipule l'opinion publique à travers un faux sondage. Il s’agit d’un code, le plus souvent appelé « code parental » 2. Dieudonné MBarga1 ¹ Strategic Planning Policy, Monitoring and Evaluation Analyst. » ; 20« Selon vous, que doit-on faire face à cette situation (le fait que Transparency International ait une nouvelle fois classé le Cameroun comme pays réputé le plus le corrompu de la planète) ? 7Il convient d’identifier les règles de formation des énoncés dans le débat public, c’est-à-dire d’isoler ce que M. Foucault (1969) appelle les conditions d’apparition du discours, sa loi élémentaire de formation, afin de le lire et percevoir sa logique sous-jacente, sa « langue » cachée et le situer dans son « idéo-système » (Bon, 1991). Le commentaire des livraisons chiffrées de l’opinion sondagière, aussi imparfaite soit-elle, ou les éditoriaux qui les reprennent et qui portent sur les thèmes majeurs du débat public (corruption, scolarité, insécurité, santé) participent en effet de la construction des catégories de réception à travers lesquelles ces thèmes majeurs vont être perçus par leurs lecteurs et, de proche en proche, probablement par un « public » plus large. Ce nombre a été multiplié par quatre entre 2010 et 2020. Ici réside sans doute le principe actif de la séduction provoquée par l’instrument auprès de certaines catégories de la population camerounaise : en réalisant ces sortes de mini-référendums qui prétendent saisir et mesurer, de façon précise et « scientifiquement garantie », l’« opinion publique » camerounaise, c’est-à-dire, pour B. Baongla, « la volonté populaire », et en faisant « voter » en permanence des « échantillons » supposés refléter le « vrai » corps électoral, « […] pas celui des listes truquées », les néosondeurs camerounais contribuaient en effet à libérer l’initiative politique individuelle des entraves posées par les pouvoirs publics et participaient simultanément aux « mobilisations multisectorielles » (Dobry, 1986) visant à rompre avec l’ordre monolithique ancien. Enquêtes; Interview; ... Fcfa alors que dans le même temps, entre 2002 et 2010, on était autour de 1,2 et 2 millions de téléphones entrés au Cameroun. « Cameroun. Démarrée le 5 octobre dans les 10 provinces, elle se poursuivra jusqu’au 31 janvier 2021. La démarche des néosondeurs camerounais était en fait, sous ce dernier angle, homologue de celle pratiquée ordinairement dans la logique de la « démocratie avancée et apaisée camerounaise » lorsqu’elle additionne quelques bulletins de vote – utilisés par un nombre restreint de citoyens – aux significations multiples et qu’elle en déduit la volonté électorale du peuple camerounais tout entier. L’hypothèque constituée par l’absence de définition conventionnelle de la notion (Gunn, 1989 ; Meyer, 1991 ; Blondiaux, 1997) n’est toujours pas levée ; il est de plus surprenant d’observer que les néosondeurs camerounais eux-mêmes s’avèrent relativement incapables de se fixer précisément sur ce qu’ils entendent par « opinion publique » camerounaise – l’assimilation de la figure de cette dernière par plusieurs avec « un sentiment forcément majoritaire [2] », illustrant parfaitement ce malaise souligné, dans d’autres contextes, en son temps par H. Blumer (1948) et, plus récemment, par C. Conaghan (1995). L’unité de base en politique ne serait pas l’individu, mais le « groupe » défini comme une somme d’individus liés par une origine tribale, une langue, des croyances ésotériques ou une cause commune, ou unis par des intérêts similaires dans une unité articulée. Replay : La faillite des entreprises publiques au Cameroun | Obama Time Les résultats du « sondage » réalisé par Le Patriote et publié dans la version électronique de ce journal proche du pouvoir le 20 janvier 2000 – dans lequel « la jeunesse plébiscite le président Biya » – et ceux de l’« enquête » effectuée par le Comité national d’action civique le 31 mars 2000 – qui conclut au fait que « la jeunesse sanctionne M. Biya » – illustrent parfaitement cet état de fait. 1, « Public Opinion in a Democracy », p. 9. À y regarder de plus près cependant, un tel constat appelle de fortes réserves. Une rapide reconstitution généalogique de la carrière du vocable dans le discours des acteurs publics camerounais depuis la période de rupture coloniale permet en effet de montrer que, apparue dans une perspective pragmatique, cette notion vague n’a jamais été que ce que ces acteurs ont voulu y voir. Double scrutin 2020 : Paul Atanga Nji rassure l'opinion publique sur les élections. Pour étudier la fabrique de l’opinion publique internationale, il convient de distinguer d’une part la nouveauté empirique de l’essor des mobilisations transnationales, et d’autre part les discours militants qui, en invoquant « l’opinion publique internationale », lui donnent une existence sociale et un statut d’acteur. Mais l’expertise ainsi brandie est un leurre : il est certain que ce n’est pas l’« opinion publique » camerounaise que le président de la République consultera s’il veut réellement savoir s’il faut poursuivre ou non la campagne anticorruption, s’il faut ou non privatiser la snec (compagnie nationale des eaux) ou comment lutter contre le grand banditisme.